Matthieu Bailet : « Trouver cette folie dans mon ski »
Après un bon début de saison, la progression de Matthieu
Bailet a été freinée par quelques pépins physiques. Depuis l’Autriche où il
s’élancera tout à l’heure avec le dossard 6 sur la descente de Saalbach,
Matthieu revient sur sa première partie de saison, sur le premier entraînement
hier qui s’est déroulé dans des conditions particulières et sur ses attentes
d’ici la fin de la saison.
Après 7 descentes, de Lake Louise à Garmisch, quel bilan tires-tu de cette première partie de saison ?
Cette première partie de saison s’est déroulée à deux
vitesses un peu différentes. J’étais très satisfait de mes aptitudes, du ski
que j’arrivais à produire sur toutes les premières courses. Même si j’aurais
voulu que les résultats soient un peu meilleurs, mon ski, mes intentions et
l’intensité que j’arrivais à produire étaient hyper positifs.
Et depuis 2020, je suis un peu plus dans la difficulté suite
à quelques pépins physiques que j’ai eu un peu de mal à gérer. Je me suis un
peu durci, j’ai skié plus en faisant attention aux douleurs qu’en essayant
d’exprimer mon ski naturel. En analysant et en discutant avec les entraîneurs,
on voit que ce sont des petits détails qui manquent pour faire la différence. On
travaille là-dessus pour corriger tout cela et retrouver de superbes
sensations.
Comment vont tes chevilles et ton dos ?
Suite à la grosse « boîte » que j’ai prise à Val
Gardena et après avoir été rapatrié en France, j’ai eu très peu de repos. J’ai
tout de même réussi à courir à Bormio et, heureusement pour moi, car cela m’a
permis d’atteindre de belles performances sur cette piste.
Après Bormio, mon problème chronique au dos est ressorti. Je
m’y attendais pas du tout, j’étais très bien physiquement. Malheureusement,
cela me dérange un peu plus aujourd’hui.
Ces soucis ne sont pas complétement gommés. Je n’ai plus de
grosses douleurs mais j’aurais besoin de plus de repos. Mes chevilles craquent
encore, manquent un peu de mobilité et mon dos me pose souci sur toute la période
de préparation des courses, dans les exercices physiques. Et sur les skis je
suis un peu plus rigide, un peu moins relâché.
Qu’est-ce que tu as fait depuis Garmisch pour te préparer
à Saalbach ?
On a bien analysé les trois dernières courses de Wengen,
Kitzbühel et Garmisch avec les entraîneurs. On a skié deux jours à Folgaria en
Italie. Je suis redescendu 3 jours dans le Sud pour retrouver un peu de
fraicheur et j’ai mis en place des séances pour faire un bloc physique de 4
jours.
Comment s’est déroulé le premier entraînement sur la
descente de Saalbach ?
C’était un entraînement très particulier comme on peut le
voir de temps en temps en raison de la météo. On est très content d’avoir pu
faire cet entraînement car depuis deux jours il pleut et il neige à
Saalbach ! L’organisation a réussi à nous sortir un entraînement, mais comme on
a pu le voir, pas équitable, car la météo a évolué. Au début il y avait du jour
blanc, ensuite la neige s’est mise à tomber, puis le soleil est arrivé et la
piste s’est accéléré.
On ne peut pas dire que c’étaient des conditions de Coupe du
monde avec une vitesse très basse, une neige très molle, un tracé très court.
Ce n’est pas très grave, c’était un entraînement, donc pas de résultats officiels.
Pour la course, la partie haute devrait être arrosée pour
prendre plus de vitesse. On espère que la nuit aura été claire et fraiche pour
que la course aujourd’hui soit belle et digne d’une descente de coupe du monde.
Ton casque est joliment décoré. Peux-tu nous en
parler ?
L’histoire est très simple. Ma mère peignait pour le
plaisir, ce qui était une vraie passion pour elle. A la maison, j’ai encore
plusieurs tableaux d’elle et pour cette saison, j’ai décidé de personnaliser
quelques-uns de mes casques avec ses tableaux.
Cela a une vraie signification. C’est un vrai clin d’œil un
peu discret et de fierté pour moi de porter ce casque sur le sport que j’aime
le plus et en espérant la rendre fière en essayant d’atteindre les meilleures
performances sur le circuit mondial.
C’est plus un casque de cœur. Je l’ai porté sur les trois courses les plus importantes de l’hiver et c’est le casque que je mets le plus à l’entraînement.

Copyright photo Matthieu Bailet
Encore 3 descentes et la saison sera bouclée. Qu’est ce
que tu attends de ces dernières courses ?
Plus que les résultats, j’attends surtout de retrouver un
ski où j’arrive clairement à m’exprimer. Cela fait quelques courses ou j’arrive
en bas un peu frustré par le fait de ne pas exprimer mon ski, mes intentions et
l’intensité que je peux avoir.
J’aimerais trouver le « full » plaisir, cette
folie dans mon ski et cela passera par de la justesse, du timing, de la
tactique pour réussir à mettre mon ski en place.
Et comme on l’a vu en début de saison, quand j’arrive à
skier de cette manière-là, ça paye.

