Adrien Théaux : « Je suis en quarantaine depuis 3 mois »

Depuis son lieu de confinement près de Bourg Saint-Maurice en Savoie, Adrien Théaux nous décrit son quotidien orienté sur la préparation de son retour progressif vers le ski de haut niveau.

Depuis ta sortie de l’hôpital en février, en quoi a consisté ton activité pour préparer ton retour vers le haut niveau ?

Cela fait 3 mois que je suis en quarantaine car depuis le 9
janvier [date de blessure au genou droit à Orcières-Merlette] je ne suis pas
beaucoup sorti de chez moi. J’ai quitté l’hôpital le 19 février après mon
opération et depuis je n’ai pas fait grand-chose car mon genou ne devait pas
trop bouger. Je n’avais pas très mal mais dès que je me lève, c’est tout de même
un peu plus douloureux.

Donc au début, il faut ne pas trop bouger. Juste faire quelques contractions des quadriceps de la cuisse pour ne pas perdre la transmission entre le cerveau et les muscles.

Adrien Théaux à la sortie de l’hôpital le 19 février dernier

Avais-tu démarré les premières séances de kiné au Centre
National du Ski et du Snowboard ?

J’ai commencé la première séance de kiné il y a deux semaines.
Je n’ai pu faire que cette seule séance à Albertville car juste après, la
décision sur le confinement est arrivée. Le centre d’entraînement a fermé et je
suis alors rentré comme tout le monde dans le confinement.

Et comment avances-tu actuellement dans ta préparation ?

Pour l’instant, je suis mon propre kiné, bien entendu avec
l’aval des kinés de la Fédération. Je les ai au téléphone pour qu’ils
m’expliquent ce que je dois faire précisément. On m’envoie une vidéo pour me
décrire l’exercice à faire et comment le faire. Je me fais aider pour plier mon
genou car je ne peux pas le faire tout seul.

Ce n’est pas simple car je ne sais pas si ce que je fais est
bien et si j’avance à un rythme correct. Etre dans les mains d’un expert qui a
vu des centaines de cas comme le mien, et le faire tout seul, ce n’est vraiment
pas pareil.

Je n’ai pas le choix, j’avance presque tout seul. Pour
l’instant ce n’est pas contraignant car ce que je dois faire n’est pas très
compliqué. Dans quelques semaines, cela deviendra plus technique et plus fin.
J’espère alors de nouveau voir les kinés pour avancer encore plus.

Tu utilises toujours tes béquilles pour te
déplacer ?

J’ai encore mes béquilles pour une semaine. A Val Thorens,
c’était un peu compliqué avec la neige et se déplacer avec des béquilles à 2300
mètres d’altitude, cela use !

Maintenant, cela fait trois mois que j’ai mes béquilles. C’est
plus facile, c’est devenu un automatisme de marcher avec.

Je pense que cela sera bizarre de les lâcher la semaine
prochaine, mais en même temps cela me fera beaucoup de bien car jusqu’à
aujourd’hui c’était contraignant. Et ce n’était pas une partie de plaisir.

Comment conserves-tu des liens avec tes collègues de
l’équipe de vitesse ?

On a un groupe sur WhatsApp qui permet d’échanger entre nous. On s’en sert toute l’année. En ce moment, c’est un peu plus calme. C’est normal en fin de saison. C’est le moment où on souffle un peu après huit mois d’affilée où on a été ensemble.

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