Romane Miradoli : « Je reste un peu sur ma faim »
Depuis son lieu de confinement à Taninges en Haute Savoie, Romane Miradoli revient sur sa saison de Coupe du monde, la meilleure depuis toujours, mais pour laquelle la spécialiste de la vitesse est restée sur sa faim…
Si vous deviez résumer votre saison en quelques mots, ce serait lesquels ?
D’abord,
et c’est valable pour tout le monde, notre saison a été écourtée. Ensuite, nous
n’avons pas eu beaucoup de chance avec la météo cet hiver. En ce qui me
concerne, ma saison ressemble un peu à celles du passé avec un petit plus en
plus, avec encore un manque de régularité, mais c’est quand même positif.
Avec 20 centièmes de moins sur toutes les courses, je n’aurais pas fait la même
saison !
Je reste un peu sur ma faim. Je ne lâche rien et j’ai déjà hâte d’être à la
saison prochaine.
Est-ce que c’est votre meilleure saison de Coupe du monde
depuis toujours ?
Oui,
c’est ma meilleure saison de toute ma carrière. Elle n’a pas le même goût que
la saison passée où je revenais de deux années de galère et donc chacun de mes résultats étaient très positifs.
Cette année, j’ai essayé de construire course après course, et j’étais peut-être
trop dans l’attente de faire mieux par rapport à la saison précédente.
Je suis loin d’être mécontente, je termine 18ème au classement
mondial, c’est mon meilleur résultat.Mais à l’arrivée, il me manque
quelque chose…
Au vu de votre classement (18ème en descente, 12ème
en Super G), votre participation aux finales à Cortina était assurée. Frustrée ?
Sur
cette saison, on a eu 9 courses à 3 endroits différents. Cela ne donne pas trop
le droit à l’erreur parce qu’il faut être prête tout de suite, dès le premier
entrainement. Tout l’hiver, j’ai eu très peu de temps pour m’entraîner sur les
disciplines de vitesse. Cela m’a un peu manqué pour vraiment aller jouer devant
à chaque course.
Cortina,
c’était vraiment le dernier objectif pour cette saison. J’avais fait le choix
de ne pas aller à Are pour m’entraîner sur les disciplines de vitesse juste avant
les Finales.
Donc frustrée et déçue bien sûr.
Quel a été le meilleur moment de votre saison ?
La première descente à Bansko. C’est une des courses où j’ai vraiment bien skié, où j’ai envoyé. En bas, j’ai allumé du vert avec 1s11 d’avance ce qui ne m’est pas arrivé souvent.
Je suis restée assez longtemps sur le fauteuil de leader et c’était la première fois que je m’y asseyait. Cela a été l’un des plus beaux moments de la saison. S’il n’y avait pas eu ce changement de visibilité, j’aurais fait beaucoup mieux que la 7ème place…

Est-ce que vous avez eu des moments de doute ?
Oui, c’est
arrivé. A Altenmark d’abord, où j’ai enchaîné une mauvaise descente puis un
mauvais Super-G sur le Combiné. Je fais ensuite une superbe manche de slalom ce
qui m’a changé un peu le weekend en mieux.
Il y a
eu aussi Garmisch, où je termine 29ème de la descente ! Pour autant je
n’ai pas remis mon ski en doute.
Je me
suis posé des questions après. J’ai essayé de ne pas trop y penser. Ce sont des
moments de doute qui ne devraient pas arriver dans l’hiver. Si les résultats
sont là, cela amène de la confiance, et si la confiance est là, on est dans une
spirale positive qui apporte que du bien.
Qu’est-ce que vous avez appris tout au long de la saison qui vous
sera très utile dans l’avenir ?
Chaque
année, j’apprends toujours énormément de choses, avant tout sur moi-même que
cela soit mentalement, physiquement, sur l’approche des courses, sur la gestion
d’une saison.
Avec
toujours la question : est-ce que c’est bien de courir en
Géant sachant que je n’ai pas trop le temps ensuite de m’entraîner en vitesse
qui reste ma discipline forte ?
Je sais
que j’ai envie de continuer à faire du Géant avec l’espoir de prendre une
qualif, c’est super encourageant. Quand je suis sur le Géant, je n’ai pas trop
le temps de m’entraîner en vitesse. Je devrais peut-être faire des choix
différents pour être tout de suite prête et m’adapter rapidement sur les
disciplines de vitesse. C’est sans doute ce qui m’a manqué un peu pendant
l’hiver à certains moments.
Ce que
je recherche aussi avant toute chose, c’est la régularité. Pour toujours essayer
de produire le meilleur ski sur toutes les courbes. C’est encore une chose que
j’ai du mal à faire après un bon résultat.
Quel est la skieuse qui vous a le plus étonné pour ses
performances cette saison ?
Il y en
a deux. Corinne et Federica.
Corinne
Sutter a une régularité impressionnante sur les courses de vitesse. Les
médailles qu’elle a remportées l’an passé l’ont sans doute propulsée au sommet.
Elle est arrivé sur chaque course un peu comme favorite, et a d’ailleurs porté
le dossard rouge en descente toute la saison. C’est vraiment beau, il faut s’en
inspirer. On se connait depuis le début et je courre avec elle depuis toujours.
Federica
Brignone est très constante et il y a cette envie qu’elle met sur chaque départ
sur chaque course, dans toutes les disciplines. C’est très impressionnant et
c’est une très belle source d’inspiration.
Comme tout le monde, vous êtes confinée actuellement. Où passez-vous
cette période si particulière et que faites-vous de vos journées ?
Je suis confinée à Taninges en Haute Savoie. Le
matin, je me consacre à l’entraînement dans le jardin ou à la maison, avec des
exercices vus avec mon préparateur physique. Et le reste de la journée, j’en
profite pour lire, pour ranger, pour m’instruire. Je ne m’ennuie vraiment pas
et je pense être dans un cadre privilégié pour vivre ce confinement.
Quelle est la première chose que vous ferez quand vous sortirez
du confinement ?
Je vais aller voler. Je vais faire du parapente près de Samoëns. C’est là où j’ai appris à voler et que je continue à voler. Je suis encore débutante, en pleine apprentissage encore.


